
La guerre brutale qui sévit au Yémen depuis trois ans a un impact néfaste sur la vie, la santé, la nutrition et l’éducation des enfants yéménites, a déploré lundi un responsable du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) à l’occasion du troisième anniversaire du conflit.
« Aujourd'hui au Yémen, chaque fille et chaque garçon fait face à des besoins humanitaires aigus », a déclaré le Directeur régional de l’UNICEF pour la région Moyen Orient et Afrique du Nord, Geert Cappelaere, lors d’une conférence de presse suite à une visite d’une semaine dans le pays.
« Les trois années de guerre au Yémen ont fait doubler la malnutrition aiguë sévère chez les enfants dans le pays (...) ce qui fait du Yémen l'un des trois pays avec le plus grand nombre d'enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère dans le monde », a précisé M. Cappelaere.
Selon lui, la famine demeure une menace importante, ainsi que le manque d’accès à l‘eau potable. Les trois ans de conflit et des décennies de sous-développement font que les enfants risquent de mourir à cause de maladies évitables, telles que le choléra et la diphtérie.
Geert Cappelaere s’est félicité du fait que les travailleurs humanitaires aient pu mener des campagnes de vaccination contre la diphtérie et contrôler l’épidémie de choléra. Il a toutefois souligné qu’à l’approche de la saison des pluies « le choléra reviendra » et qu’il fallait rester vigilant.
Aujourd’hui 80% des Yéménites vivent dans la pauvreté, ce qui pousse la population à faire des choix impossibles, a-t-il estimé.
« Les parents doivent faire le choix difficile d'envoyer leurs enfants mendier, travailler au lieu d'être à l'école. Les parents doivent faire le difficile choix de marier leurs filles à un âge précoce pour avoir une bouche de moins à nourrir dans la famille. Aujourd'hui, 75% des filles yéménites sont mariées avant l'âge de 18 ans. La moitié des filles yéménites sont mariées avant l'âge de 15 ans », a précisé M. Cappelaere. « Aujourd'hui, près de 2 millions de garçons et de filles yéménites ne vont pas à l'école ou n'ont jamais eu l'occasion de le faire ».
Quelques 2.500 écoles ne servent plus à des fins éducatives. Elles ont été détruites par la guerre, ou sont utilisées à des fins militaires ou encore pour accueillir des personnes déplacées. Une grande partie des enseignants n’ont pas perçu leurs salaires depuis un an.
Le responsable onusien a exhorté les parties prenantes à mettre fin à ce conflit et à donner un accès immédiat et sans conditions aux travailleurs humanitaires. Il a appelé la communauté internationale à continuer à investir dans l’éducation afin de donner un avenir aux enfants.
Source : UN
https://news.un.org/fr/story/2018/03/1009611