
Le régime alimentaire méditerranéen, composé de légumes du soleil, de fruits, de mozzarella, de poisson ou encore d’huile d’olive, est réputé à travers le monde pour ses bienfaits et encensé par les médecins. Pourtant, malgré ses atouts, il n’a plus la côte dans ses pays d’origine. Pire : il a été remplacé par de la junk food, des bonbons et des boissons sucrées chez les enfants et serait même «mort», selon The Guardian.
Conséquence : ces enfants qui vivent dans le bassin méditerranéen sont aujourd’hui ceux d’Europe les plus touchés par le surpoids. En Grèce, à Chypre, en Italie, à Malte et en Espagne, 18 à 21 % d’entre eux seraient obèses – soit environ un sur cinq –, selon les conclusions d’une récente étude de l’Initiative pour la surveillance de l’obésité infantile, projet de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui se base sur des données fournies par 40 pays et collectées entre 2015 et 2017.
Le surpoids toucherait encore plus d'enfants : à Chypre, au total, 43 % des garçons et filles âgés de 9 ans seraient en surpoids. Le taux en Grèce, en Espagne et en Italie serait là aussi supérieur à 40 %.
"L'inactivité physique est l'un des problèmes les plus importants"
Selon le docteur Joao Breda, qui dirige le Bureau européen de l'OMS pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles, outre une mauvaise alimentation, le manque d’activité physique serait responsable de ces taux anormalement élevés.
«L'inactivité physique est l'un des problèmes les plus importants dans les pays du sud de l'Europe», a-t-il déclaré lors du Congrès européen sur l’obésité, tenu à Vienne à la fin du mois de mai.
Le docteur tempère néanmoins son discours, reconnaissant que des améliorations seraient en cours, notamment en Italie. «Il y a du progrès», a-t-il déclaré. «Elles [les autorités sanitaires locales] reconnaissent qu'il y a un problème et tentent de faire quelque chose.» Ainsi, au moins trois quarts des enfants italiens consommeraient des fruits tous les jours ou presque, annonce le rapport – comme en Albanie, au Danemark ou encore en Irlande.
La France en bonne place
Toujours selon l’étude, les pays du monde comptant le plus faible taux d’obésité seraient le Tajikistan, le Turkmenistan et le Kazakhstan. Des nations qui connaitraient actuellement une «transition nutritive» : les habitants tendraient à consommer de plus en plus de produits occidentaux, ce qui pourrait bien changer la donne concernant leur taux d’obésité.
La France, comme la Norvège, l’Irlande ou encore le Danemark, compterait elle aussi un taux d’obésité plutôt bas. Dans l'Hexagone, un enfant sur cinq est en surpoids (1,7 million) et 3,5 % sont en situation d’obésité (450.000). Si le Royaume-Uni n’a pas fourni de données à l’OMS, un enfant sur trois serait en surpoids ou obèse à ses onze ans, déplore l’organisation. En outre, le pays dans lequel le régime méditerranéen serait le plus suivi serait… la Suède.
Source : Le Figaro